"Cent fois rapetassée... et remise à la mode - à la mode d'hier sinon d'avant hier" - comment cerner l'origine de notre église, ce bâtiment sans date, ce "symbole". Peut-on malgré tout tenter cette approche, et notamment avec ou grâce à ce que nous découvrirons de l'histoire et de la spécificité de notre communauté qu'incarne notre église Saint-Eloi.

Aussitôt les questions nous assaillent :

- Quand notre église St-Eloi fût-el1e construite ? Par qui ? Pour qui ?

- Quand notre Neuville s'est-e1le donc constituée ?

L'analyse des chartes provenant notamment des fonds des abbayes des dames bénédictines de St­Paul-les-Beauvais, des chanoines Prémontrés de Ressons l'Abbaye, des cisterciens de Froidmont, etc..., a aidé dans une tentative de datation.

- Quels furent nos prédécesseurs ? D'où venaient-ils, quelles raisons  les  conduisirent  ici  ?

 

- Qui était leur guide : "Messire Garnier" qui laissa son nom à leur paroisse et à  notre commune ?

  

- Après sa création, comment la paroisse et la seigneurie nouvelles évoluèrent-elles ?

 

- Comment la Neuvil1e traversa-t-­elle les graves crises que connut notre histoire, dès les lendemains de la Crise du Féodalisme ? Une Neuville oubliée par les traités, apparemment en marge de la "Grande" Histoire, mais balayée malgré tout par elle à travers les vies de chacun : paysans, curés et seigneurs.

- Comment à moins de vingt lieux de la capitale, les Neuvillois vécurent-­ils la Révolution, et curés seigneurs et habitants, les choix qu'elle leur posait. Depuis cette période, quel fut le comportement de nos concitoyens vis-à-vis de leur Eg1ise St-Eloi.

 Il ne pourra être répondu à toutes ces questions, mais le chantier est ouvert, et ces premières 1ignes permettent de mieux délimiter à travers notre église ce qu'est notre village... Que le travail se poursuive.

 TOUT D'ABORD, QUELQUES DATES

1136 : Messire Garnier de Hermes, fondateur de la communauté de la Neuville Garnier est cité pour la première fois en 1136, lorsqu'aux côtés de Pierre de Hermes, il concourt aux donations faites à l'abbaye de Froidmont, en abandon­nant au "profit des Frères cisterciens de Froidmont" tous les droits qu'ils  pouvaient avoir sur les biens donnés.

 

Pierre et Garnier abandonnaient ainsi les droits qu'ils détenaient en tant que "maires"  de Hermes.

  

1147 : Garnier de Hermes semble s'être fixé près de ce qui sera sa future Neuville, sa famille avait sans doute déjà quelques attaches dans ce terroir car dès 1114, un Raoul de Hermes et son neveu Odon de Hermes étaient présents à une donation faite par Amaury d'Auteuil à l'abbaye de Saint-Quentin. En 1147, en effet, Odon évêque de Beauvais mentionne l'ég1ise de Berneuil et toutes les dîmes de cette paroisse dans sa confirmation des biens de l'abbaye des Bénédictines de Saint-Paul. Il ignore la Neuville Messire Garnier qui ne doit donc pas encore avoir été démembrée de la paroisse de Berneuil.

 

1193 :  Garnier de Hermes est encore vivant, et présent à la donation du bois de Trappes (aujourd'hui "La Plaine") à Vaux-Berneuil faite à  l'abbaye  des  bénédictines de Saint-Paul par le seigneur de Berneuil, Jean de Trie

 1204 : Une charte du Fond de Ressons mentionne en 1204 pour la première fois, semble-t-il, la Neuville Messire Garnier. Cette chartre règle un conflit entre les chanoines Prémontrés de Ressons et les chanoines de Saint-Quentin d’Auteuil au sujet du « Bois d’Auteuil » aujourd’hui forêt de Ressons. Elle fixe les limites de ce bois et parmi celles-ci, les terres de Neuville fief de Odon et Garnier de Hermes.

 1218 : Nouvelle mention de la Neuville Messire Garnier. Le fondateur est mort, et les seigneurs, successeurs de Messire Garnier passèrent à cette date un accord avec les habitants de Berneuil sur les droits d'usage des larris.

(L'interprétation de cet accord donna jusqu'au XIXème  siècle lieu à d'interminables débats juridiques).

1238 : En janvier, selon une pièce du Cabinet de M. de Troussure citée par l'Abbé Deladreue,  Nivelon d'Auteuil confirmait l'accord intervenu entre les prémontrés de Ressons l'Abbaye et Odon de Hermes au sujet de terres à Malassise.

 1245 :  Enfin la bulle du pape Innocent IV qui confirme les propriétés des bénédictines de Saint-Paul, mentionne bien séparément, parmi celles-ci, les dîmes de  Berneuil  et celle de la Neuville Messire Garnier, ce que ne faisait pas encore le démembrement de 1147.

C'est donc bien dans la deuxième moitié du XIIe siècle, en plein second âge féodal, très probablement après 1147, mais certainement bien avant 1204 et à fortiori avant 1218, puisqu'il est alors question de ses successeurs que le chevalier Garnier de Hermes vient avec les futurs paroissiens de notre église Saint-Eloi défricher la "montagne" du Thelle au dessus de Berneuil et créer le domaine, la seigneurie de la Neuville Messire Garnier, une paroisse et une commune qui, aujourd'hui encore, porte son nom.

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La Neuville Garnier

 

 

 

 

 

 

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